NUTRI-SITE :
Denis RICHÉ, pouvez-vous vous présenter en deux mots et préciser
votre cursus scolaire ?
Denis RICHÉ :
Bonjour, j'ai 38 ans je suis passionné de montagnes
et j'habite dans les Pyrénées à Argelès-sur-mer. Mon cursus
scolaire est le suivant. Après un bac D, j'ai fait un Deug
biologie, une licence Biochimie suivie d'une maîtrise en
physiologie avec option nutrition, ensuite un DEA nutrition ,
doctorat et thèse d'état avec un stage dans le service de Médecine
du Sport du Pr CREFF.
Parallèlement, j'ai abordé la diététique par le biais du sport
de haut niveau.
Je suis passé par
plusieurs phases, malheureusement pour mon entourage. Il y a celle
ou l'on est persuadé d'avoir raison ; on affronte alors tout ceux
qui ne sont pas d'accord et puis on évolue pour prendre du recul.
Aujourd'hui je considère que ce qui contribue à un état de santé
alimente aussi la performance et le plaisir. Il y a un compromis
permanent entre ce que l'on aimerait faire. Le goût s'éduque et
globalement j'aime les choses saines. L'épicurisme se cultive
aussi dans les repas avec des amis, il ne s'entretient pas au self
du coin c'est clair!
NUTRI-SITE : Bien
manger s'apparente à une philosophie de vie ?
D.R : Oui, depuis 20 ans je fais attention. Manger
intelligemment est une démarche naturelle et spirituelle dans mon
cas et puis être essoufflé après quelques marches d'escalier je
ne supporterais pas.
Je suis vétéran depuis peu et c'est lors du tour de Chartreuse
en juillet dernier que je me suis rendu compte à quel point santé
et diététique sont indissociables, il y a 10 ans en arrière
jamais je n'aurai imaginé finir cet effort et dans les meilleurs
de surcroît. Avoir un corps qui répond parfaitement à ses
attentes, c'est une forme d'épicurisme qui est permanente.
NUTRI-SITE :
Jeannie LONGO consomme bio depuis 15 ans et se targue d'avoir une
approche diététique révolutionnaire. Avez vous eu l'occasion de
rencontrer ce monument du cyclisme féminin ?
D.R : J'ai eu en effet l'occasion de manger chez elle
pour l'élaboration d'un article dans sport et vie. Elle pousse au
bout ses convictions, mais par exemple la notion d'épicurisme est
totalement absente chez elle, ou du moins différente de ce
qu’elle est pour le commun des mortels. Dans son cas il est
peut-être intellectuel et se retrouve dans le fait de vivre en
conformité avec ses vœux, mais bon, c'est vrai qu'il y a de très
bonnes choses dans son approche diététique, cependant il ne faut
pas être dogmatique, un repas en dehors des clous ne met pas tout
à terre et ce que cela coûte sur le plan physiologique est
autrement compensé par ce que cela coûterait sur le plan social,
relationnel, car être un jusqu'au boutiste entrave l'épanouissement
personnel.
NUTRI-SITE : Que
pensez-vous de son intention de sortir prochainement un livre qui
d'après elle va bouleverser la diététique sportive ?
D.R : Non, il ne faut surtout pas balancer ce genre de
choses comme ça à priori. On peut avoir des réflexions très
abouties quand on est dans son coin, mais une révolution pour
qu'elle se dessine, il faut plusieurs années d'expérience, des
connaissances expérimentées et validées. On ne sait jamais ce
que va donner une révolution !!
NUTRI-SITE : Quel
sport avez-vous pratiqué et à quel niveau ?
D.R : J'ai fait du hand en nationale1 de 1978 à 1987,
j'étais le plus jeune gardien opérant en Nationale, et ai
participé à plusieurs stages en équipe de France juniors. Je
pratique la course en montagne, ce qui m'a poussé à quitter
Paris pour m'installer dans les Pyrénées. J'aime aussi pratiquer
le ski de fond dans le Vercors avec mon frère.
NUTRI-SITE : Que
représente pour vous la diététique ?
D.R : C'est d'abord une longévité sportive associée
à un état de santé optimal.
NUTRI-SITE :
N'avez-vous jamais été tenté d'exercer en médecine
traditionnelle ?
D.R : A l'époque je n'avais pas envie de faire 7 ans
d'études et puis le business qui gravitait autour de cette filière
à l'époque ne m'a pas encouragé non plus. Finalement, avec
toutes les études que j'ai faites dans des domaines plus variées,
les 7 ans ne sont pas loin. Je ne suis pas un médecin diplômé,
mais actuellement en micro-nutrition on a une démarche qui est
impliquée dans la thérapie. On travaille aussi bien sur les
intolérances alimentaires, les polyarthrites, le diabète, les
problèmes cardiaques et la tendance qui se dessine à l'heure
actuelle se base de plus en plus sur des actions préventives. La
nutrition prend un rôle grandissant à ce niveau là, on n'est
pas loin de faire de la prévention médicale, c'est ce que l'on
peut appeler la complémentarité. Il y a quelques années on m'a
accusé de faire de l'exercice illégal de la médecine. La
jalousie a du motiver ces attaques non fondées, car je n'ai pas
cette prétention.
Lire le volet 2 : Sportifs
et nutrition
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