NUTRI-SITE: Comment connaître sa ration
type ?
D.R : Les calories sont des unités de chaleur qui
indiquent l'énergie nécessaire à passer un gramme d’eau de
14,5 à 15,5°C sous une pression atmosphérique normale. Cela ne
résume pas le contenu de l'assiette, car il y a des différences
dans les mécanismes de chauffage et de combustion, mais aussi
dans les processus hormonaux, avec des adaptations changeantes. La
priorité n'est pas l'apport calorique, c'est l'équilibre de la
ration (prochain livre) passant par une notion "d'apport de sécurité",
qui définit des apports minimaux nécessaires en glucides, protéines,
lipides.
C'est un apport à 3 niveaux pour une combustion, un stockage et
une perte de poids optimale. Car on s'aperçoit que beaucoup de
sportifs sont carencés en graisses par le biais de bilans, de
signes cliniques et qui sont confirmés par des enquêtes
alimentaires.
NUTRI-SITE : Votre
opinion sur l'intérêt de poudres d'efforts enrichies en
vitamines et autres ?
D.R : Il existe une obligation légale. Ces glucides nécessitent
un certain apport vitaminique. Pour quelqu'un qui en
consomme 3 fois par semaine leur présence éventuelle ne change
pas grand chose à leur ration, mais pour un gros consommateur (1L
à 1,5 L par jour) elles permettent une meilleure couverture des
besoins après l'effort .
NUTRI-SITE : Lors
de changements profonds de ses habitudes alimentaires combien de
temps doit-on observer pour remarquer les premiers effets ?
D.R : Si on change d'alimentation ce n'est pas pour le
plaisir d'en changer ni à priori dans l'optique de la
performance, mais parce que l'on constate des anomalies grâce
notamment à des grilles de déficit. On va donc changer pour
amener un mieux.
Si un sportif constate qu'il y a trop de graisses ou de sucres
rapides et qu'en changeant son alimentation, il ne remarque pas
d'amélioration, c'est inutile. Le but c'est d'amener un progrès
à quelque niveau que ce soit. On va toujours repérer des hiérarchies
à améliorer, car souvent les gens sont réfractaires aux
changements alimentaires et ça se comprend. Si on veut oeuvrer
utilement, je dirai que si on ne passe pas par la porte on passe
par la fenêtre. On peut insister sur les points nécessitant une
évolution en fonction de ses disponibilités, de la réceptivité
et de son état initial.
En cas de déséquilibres évidents les bénéfices sont rapides,
en 2 ou 3 mois il y a des changements radicaux.
NUTRI-SITE : La créatine
sera bientôt interdite en France ? Quelles sont les dernières
informations sur ce produit ?
D.R : Je ne pense pas qu'il faille l'interdire, de
toute façon c'est un problème qui est à la fois simple et
complexe, puisque la créatine n'est pas un dopant, mais que présentée,
à tort, comme un produit miracle, elle enfile bien malgré elle
un costume trop large pour ses épaules. Comme tout complément
imposé sans conseil ni pédagogie, c'est une substance qui peut
mener à des conduites dopantes.
La 3 ème chose est que la créatine est un constituant de
l'alimentation et qu'il va y avoir de belles salades en
perspective sur le plan légal et juridique.
NUTRI-SITE : l'EPO
aussi est présente dans l'organisme ?
D.R : Oui mais cela n’a rien à voir. Ce n’est pas
un constituant de notre ration. Avec ce produit, de plus, on peut
dissocier une prise exogène d'une fabrication naturelle. Pas dans
le cas de la créatine, qui de toute façon ne nous place pas dans
le même registre. A son sujet, si on pense qu'elle occasionne une
conduite dopante qu'il faut circonscrire mais qu'il y a des
besoins qu'il faut satisfaire, il va falloir définir un seuil
urinaire " limite " pour la créatine et ses dérivés,
comme dans le cas de la caféine, finalement. Mais la réalité
est que l'on diabolise ce produit en le déclarant produit dopant,
cela évite de se poser les vraies questions, c'est un problème
de démarche qui n'est tout simplement pas ciblé.
NUTRI-SITE : Le
"BIO"c'est l'avenir du sportif ?
D.R : Moi je consomme bio principalement, c'est avant
tout une démarche vers la bonne santé et la performance suit après.
NUTRI-SITE : Les
alicaments : info ou intox ?
D.R : Je m'intéresse beaucoup à la question, car il
y a parfois des choses intéressantes à retirer du progrès,
notamment de ceux dû aux Américains, comme les
probiotiques* par exemple. Hippocrate disait "ton
alimentation sera ton premier médicament".
C'est un concept qui engendre d'énormes investissements, ce qui
fait perdre en crédibilité. Il faut être prudent, car les OGM
peuvent se greffer dessus ce qui pourrait constituer un danger réel.
NUTRI-SITE : Les
produits diététiques du commerce ont-ils une vraie incidence sur
la santé ou est-ce seulement de la poudre aux yeux ?
D.R : Certains sont intéressants et possèdent de réelles
vertus notamment dans les teneurs en vitamines, en minéraux comme
le germe de blé, la levure de bière, mais on peut très bien
manger bio sans avoir recours aux produits diététiques.
Il y a des produits moins répandus et qui sont top, ils sont
seulement mal placés sur les rayons. Ce qu'il y a d'aberrant,
c'est de se dire qu'il y a des aliments étiquettés alicaments
qui à aucun moment n'ont la notion d'améliorer la santé. Il y a
tromperie et le consommateur se doit d'être vigilant et informé.
Le vrai débat est "pourquoi l'alimentation de tous les jours
n'est pas bénéfique à la santé". Tout le monde a le droit
à la santé cela fait partie des droits de l'homme.
NUTRI-SITE : La
phytothérapie apporte-elle des solutions intéressantes aux
sportifs ?
D.R : C'est empirique et controversé, mais l'expérience
a montré des résultats probants chez un bon nombre de personnes.
Il faut se méfier, car il y a des principes actifs "
innocents " qui se révèlent être en fait dangereux,
et qui sont interdits. On peut trouver de l'éphédra dans
certains mélanges, ou des amphétamines. Je pense que l'auto-médication
ne dispense pas d'informer les praticiens de son statut de sportif
pour éviter toute méprise.
NUTRI-SITE : Quels
sont vos futurs projets ?
D.R : Mon principal projet c'est de développer un réseau
de diététiciens/nutritionnistes en micro-nutrition s'appuyant
aussi sur des entraîneurs qui fonctionneraient dans un réseau
interne chapeauté par des médecins, Il reste à le valider. Je
souhaite travailler avec un ensemble de personnes compétentes
dans les 4 coins de l'hexagone, suivant une même formation avec
le soutien du ministère de la Jeunesse et des Sports. Le but étant
de mettre au point une nouvelle profession donnant des moyens
simples pour évaluer des états de fatigue passagers entre autre;
il y a du boulot en perspective !
Ensuite je prépare avec mon ami le docteur Didier CHOS, Président
de l’Institut Européen de Diététique et Micronutrition, l'élaboration
d'un livre qui s'intitule "diététique et micro-nutrition
sportive" à paraître chez Vigot. On doit remettre le
manuscrit pour le 31/03/01.
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Volet
1 : La
diététique selon Riché
Volet
2 : Sportifs
et nutrition
Volet
3 : La
diététique du futur