Boutiques | Contact | Interviews | Dossiers | Outils | Liste de diffusion | Annuaire | Glossaire

 

O G M

 
NUTRISITE, "Diététique Sport & Vie" skieur-fond-geuche.gif (4683 octets)
Les OGM - 10-00

ogm-terre.gif (19024 octets)

Les OGM sont l'affaire de tous et pas seulement celle d'une poignée d'irréductibles gaulois !
Pour interpeller un milieu sportif  soucieux de son alimentation, nous avons fait appel à Anne BRIAND, chp. olympique de biathlon, intarissable sur le sujet. Après un DUT sport/nutrition et un passage à l'INRA, Anne termine un livre sur la biotechnologie végétale.
Faut-il les craindre OGM ?
Les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont des organismes (animaux, végétaux, bactéries) dont le génome a été modifié par manipulation des gènes. Le plus souvent il s’agit de l’addition d’un nouveau gène que l’on introduit pour conférer certaines caractéristiques à l’organisme receveur. Les biologistes moléculaires qui pratiquent ces techniques affirment souvent qu’elles sont très sûres et particulièrement précises (on sait exactement la nature du gène qu’on introduit contrairement aux croisements traditionnels qui induisent un brassage aléatoire de plusieurs gènes). Cependant, en l’état actuel des connaissances d’énormes incertitudes demeurent sur les perturbations subies par le génome receveur suite à la transgénèse (= transfert du gène étranger). Effectivement on ne connaît absolument pas le lieu où le nouveau gène va prendre place et on ignore donc toutes les conséquences qui peuvent en résulter. Par exemple le nouveau gène peut s’introduire dans la séquence d’un gène essentiel et en supprimer l’expression ; il peut aussi déclencher l’expression d’un gène jusque là silencieux avec comme résultat la synthèse d’une nouvelle substance pouvant s’avérer toxique.

Consommation et santé publique

Pour les consommateurs des plantes transgéniques les risques potentiels sont de plusieurs ordres. D’un côté il y a les effets secondaires de la transgénèse évoqués ci-dessus. Ce genre de risque pourrait théoriquement être évité grâce aux tests effectués avant la mise sur le marché, mais il faudrait alors que l’on sache quelles perturbations rechercher (ce qui est loin d’être évident puisqu’on ne sait pas grand chose des perturbations induites). Il y a ensuite des risques allergiques car les nouveaux gènes induisent la formation de nouvelles protéines auxquelles les consommateurs n’ont pas l’habitude d’être confrontés et qui pourront donc éventuellement entraîner des réactions (une étude du York Nutritional Laboratory de mars 99 mentionne une augmentation de 50% des allergies au soja… Apparemment le seul facteur qui a pu changer est l’arrivée du soja transgénique sur le marché). Avec les plantes transgéniques développées actuellement (essentiellement du soja tolérant les herbicides et du maïs résistant à son insecte ravageur la pyrale) il y a une grave menace d’augmenter l’ingestion des résidus de pesticides. En effet le soja transgénique est conçu pour résister à un herbicide qui normalement le détruit : il contient donc des molécules de cet herbicide. De même le maïs transgénique sécrète un insecticide que l’on va ingérer. Le problème avec les résidus de pesticides, c’est que les effets secondaires indésirables pour la santé (perturbations hormonales, actions mutagènes induisant des cancers) sont longs à se révéler : il s’écoule souvent plusieurs années avant que la maladie résultant d’une exposition chronique à de faibles doses, se déclare.

OGM et antibiotiques
Enfin, pour des raisons purement techniques la transgénèse utilise des " gènes marqueurs " qui ne sont autres que des gènes de résistance aux antibiotiques empruntés aux bactéries. Or, à l’heure actuelle de nombreux spécialistes s’inquiètent du fait que la plupart des microbes deviennent résistants aux antibiotiques censés les détruire. Ils pensent à la menace que la perte d’efficacité des antibiotiques ferait peser sur la santé publique (il faut s’avoir qu’on ne connaît rien d’autre pour combattre les bactéries pathogènes). Ces spécialistes dénoncent donc l’utilisation comme marqueurs, des gènes de résistance aux antibiotiques car ils craignent que cette pratique contribue à augmenter l’acquisition de la résistance par les bactéries. Ils pensent que même si la contribution des OGM à ce phénomène inquiétant est minime il est imprudent de prendre un risque supplémentaire.

OGM : Les colonisateurs

Au niveau de l’environnement les risques sont liés à l’impossibilité de " séquestrer " les gènes étrangers à la seule plante modifiée. Comme les plantes disséminent leur pollen, il en va de même pour les transgènes qui vont se retrouver un peu partout dans la nature (en fonction du vent, des insectes pollinisateurs…). On ne sait pas trop toutes les conséquences pouvant résulter de cette " fuite " des gènes, par contre on ne peut ignorer que cette " pollution génétique " est irréversible. A long terme l’équilibre des écosystèmes risque d’être fortement perturbé et des effets indésirables sur la faune peuvent s’exprimer (par exemple il a été montré que les papillons Monarque souffraient lorsqu’ils butinaient du maïs transgénique). Au niveau agronomique c’est un véritable " casse tête " car des parcelles voisines peuvent échanger des gènes (via le pollen) et ceci peut entraîner des situations problématiques : un agriculteur biologique qui est obligé de produire sans OGM peut se retrouver " contaminé " par la culture transgénique d’un voisin ; les résistances aux herbicides peuvent se transmettre à des mauvaises herbes qui devenant résistantes ne peuvent plus être éliminées. Enfin, à plus ou moins long terme les ravageurs contre lesquels on souhaite lutter (pyrale) peuvent devenir résistants. Ceci est un phénomène courant avec toutes les molécules chimiques traditionnellement utilisées dans la lutte contre les ravageurs mais qui risque d’être plus précoce avec les plantes transgéniques en raison des modalités de sécrétion de l’insecticide par celles-ci.

On récolte se que l'on sème

Au niveau socio-économique les OGM expriment l’avènement des multinationales avec une concentration sans précédent du pouvoir aux mains d’une poignée de puissances. Ceci parce que les plantes transgéniques font l’objet de brevets et que les paysans du monde entier risquent de se retrouver complètement assujettis : ils seront obligés d’acheter chaque année les semences brevetées et on leur interdira de " ressemer " les grains récoltés.

Or il faut savoir que cette pratique ancestrale (qui correspond à la production à moindre coût des semences par l’agriculteur lui-même) permet la survie d’une grande partie de la population spécialement dans les pays en voie de développement. D’une manière plus générale la façon dont les OGM sont imposés par les multinationales, traduit de graves cassures dans le fonctionnement même des démocraties.

Enfin, le débat au niveau éthique est loin d’être complet. A t-on le droit de s’aventurer ainsi dans le " bricolage " du vivant ?

Pour tous ceux qui veulent réagir contre ce phénomène et s’inscrire dans le mouvement citoyen qui renonce à se laisser dicter ses choix par la dictature économique, il existe de petits moyens quotidiens. Les actes d’achat en font partie et ils peuvent d’ailleurs être suffisamment efficaces pour constituer un blocage. Greenpeace fait régulièrement paraître la liste des produits alimentaires qui contiennent ou non des OGM (voir liste noire/liste blanche sur www.greenpeace.fr).
La BIO : une alternative
Les aliments issus de l’agriculture biologique devraient normalement être plus sains puisque leur mode de production exclut les produits chimiques. Ils devraient aussi être plus riches au niveau nutritionnel (équilibre en minéraux et oligo-éléments) car en respectant mieux les équilibres naturels du sol, les plantes trouvent un substrat logiquement plus équilibré. Cependant on ne peut ignorer que la pollution de l’air, des sols et de l’eau est aujourd’hui omniprésente et qu’il est donc utopique de croire qu’il est possible d’avoir des aliments avec zéro résidus. Tous les pesticides pulvérisés dans le monde se retrouvent en suspension dans l’air et contaminent d’autres cultures que celles où ils ont été appliqués, de même que les fumées s’échappant des incinérateurs et contenant des dioxines (puissant cancérigène) polluent les sols dans un rayon de 5 kms autour de la cheminée, ou encore que le maïs transgénique d’un agriculteur conventionnel peut contaminer un champ de maïs biologique. Ce qui est surtout important à mon avis c’est de soutenir l’agriculture biologique pour son action bénéfique pour l’environnement (diminution de la charge polluante). Lorsque l’on achète du bio (dans les limites de ses possibilités financières) on encourage aussi des petits producteurs respectueux de la terre, on s’inscrit dans une logique économique à dimension humaine (préférence donnée à la production locale et aux circuits de distribution courts par opposition aux produits " sans âme " de l’industrie agro-alimentaire). Toutefois, il existe aussi des dérives en bio, avec des producteurs peu scrupuleux qui flairant le filon lucratif font de la bio au rabais et ne partagent en tout cas pas les principes éthiques fondateurs de ce mouvement. Sur le plan de la santé le plus important demeure toujours de respecter les grands équilibres et de faire la part belle aux fruits et légumes avant de faire le choix de la bio.

Anne Briand  - bouth@wanadoo.fr - 10-00


Sélection de quelques ressources :
Aliments avec et sans OGM
Liste à télécharger ( format pdf-49ko) des aliments avec et sans OGM (par Green peace)
taquet.gif (48 octets)
fleche.gif (155 octets)
Libe.fr
Tout sur les OGM
taquet.gif (48 octets)
Vegebionet
Vegebionet, site écolo et militant ne mache pas ses mots sans forcément donner toutes les clés pour comprendre.

OGM et consommateurs
Dossier très complet qui a choisi son camp sans le dire.

fleche.gif (155 octets)OGM.org
Ici les OGM sont «une clef pour l'avenir».
taquet.gif (48 octets)
INRA
L'Institut National de Recherche en Agronomie a constitué en 1998 un dossier sur les OGM à partir de nombreux articles scientifiques, entre fascination et prudence.


Bibilographie :

"Le monde n'est pas une marchandise" ; "des paysans contre la malbouffe" de José Bové et François Dufour. Edition "la découverte".
taquet.gif (48 octets)
"Les aliments transgéniques" de Jean-Marie Pelt (Fayard)
taquet.gif (48 octets)
"Aliments transgéniques : des craintes révélatrices" (Charles-Léopold Mayer)

L'actualité

lcarnitine-small.gif (10105 octets)
La L-Carnitine


rudy-tri.jpg (6663 octets)
Prochaînement
Interview
Rudy Gouy
(triatlhète)


Annuaire.
Retrouvez plus de 1 000 liens diététiques dans notre annuaire des sites web.


compex_moy.gif (5809 octets)
L'éléctro-
stimulation


dhea.gif (8378 octets)
La DHEA


Liste de diffusion.
Pour recevoir par mail les nouveautés Nutrisite (interviews, dossiers, ...) Inscrivez-vous